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75003 Paris

Jules-François FERRILLON

Auteur
4/5
Contact Agent

Langue
Français (maternelle)

Formation

1978 Cours de théâtre avec J-C Grinewald au théatre Marie Stuart -
1979 Assistant mise en scène de J-C Grinewald (“Le bébé de M. Laurent” de TOPOR, “Solange ici Paris et Ailleurs” au Théâtre de l’Odéon…) -
1987 Stage photo et initiation au “zones system” -
1988 Stage régie et éclairage théâtre -
1990 Stage décoration et atelier de restauration tableaux anciens. -
1995 C.E.F.P.F. Centre Européen de Formation à la Production de Films -

Etudes

1979 Licence de Philosophie Paris IV -
1984 Maîtrise de Philosophie, option histoire des religions -
1985 D.E.A de Philosophie & licence d’histoire de l’art -
1986 Thèse de troisième cycle (Anthropologie de l’Inde ancienne). -

Expériences Professionnelles

1981 Professeur de français en Nouvelle-Calédonie
1982/84 Journaliste-photographe au magazine du Pacifique Sud “30 Jours” (série de réportages sur l’Asie du sud-est, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les îles du Pacifique Sud...) Participation journalistique au tournage du film “UTU” de Jeoff MURPHY en Nelle-Zélande et au film “Le Bounty”.
1985 Professeur de Philosophie à Bordeaux
1986 Publication d’un livre sur l’Inde ancienne, préface d’Alain DANIELOU 1987/89 Professeur de Philosophie à Paris.
1990/2005 Courtier en Objets d’art et tableaux de Maîtres Anciens (Italie, U.S.A...)
1996 Création d’une Société de Productions (longs-métrages) IMAGIE
1998/99 Production de films documentaires : Mosfilm (C.N.C.) L’Aéroflot (C.N.C.) Lev Kerbel (le sculpteur de Lenine)
2000 /2002 Réalisation de trois courts-métrages : La chapelle (32’) Les divines amours (35’) L’étrangère (35’)
2002/2005 Production de films documentaires : Le ventre de Pékin (C.N.C.) Svensk Filmindustri (C.N.C Média+)
2006/2008 Préparation d’un premier long-métrage : La confiture de goyaves
2008/ 2010 Préparation et réalisation d'un film documentaire de 90 ' Images de femmes ou le corset social. Sélectionné au festival de Tübingen
2011 / 2012 Sortie en salles 05 janv. 2011 du film Images de femmes ou le corset social. www.imagesdefemmes.blogspot.com (Espace St Michel, Escurial…) avec débats organisés par J. Savigneau du journal le Monde
2013 Lectures et documentation pour la réalisation d'un film documentaire de 90’ sur l’amour : l’amour fait son cinéma à Nice
2015 Publication aux éditions L’Âge d’Homme d’un roman intitulé Faussaire. Traduction en Anglais en vue d’une publication et d’une adaptation cinéma.
2016 Travail sur le projet : Les Russes sur la Côte d’Azur du XIX° à nos jours
2017 Publication du roman Faussaire en poche.

 

Biographie

 

Même dans cette galaxie de personnages passablement pittoresques, Jules-François Ferrillon fait figure d’original. La casquette posée de travers, le visage rond, esquissant un sourire comme s’il s’apprêtait à proférer quelque blasphème, il arbore une allure de titi parisien. Le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît, et sa vie en témoigne. Tout en tentant d’engager un fructueux dialogue avec une jolie passante, il est capable de citer Deleuze ou Foucault. Dissertant sur les perversions innées de la bourgeoisie en général et du monde de l’art en particulier, il nourrit une hostilité récurrente à l’encontre des experts et marchands dont il réprouve les méthodes aussi bien que le mode de vie et, par dessus tout, l’arrogance. Cette détestation explique à ses yeux son association et son amitié passées avec Giuliano Ruffini, même s’il s’est vite lassée de ses ratiocinations puisées dans le discours d’extrême droite. « Il était chaleureux, amical, drôle. J’évitais tout simplement d’avoir des conversations politiques avec lui », sans parler de mentionner le nom de Picasso, que ce traditionaliste abhorrait.

Depuis une vingtaine d’années, Jules-François Ferrillon a réalisé ou produit des films qui vont d’une lecture de Heidegger à une biographie de Lev Kerbel, sculpteur du régime soviétique auteur de deux prouesses inégalées dans l’Histoire de l’humanité : il est incontestablement le plus décoré des artistes, mais aussi celui qui vit le plus grand nombre de ses œuvres détruites de son vivant par la foule en colère. Jules-François Ferrillon a aussi réalisé ou produit des documentaires dont le plus réussi, Images de femmes, porte sur les codes de représentation des femmes, que Josyane Savigneau, du Monde, a suffisamment apprécié pour organiser une série de débats lors de sa diffusion en 2011 dans des salles d’art et d’essai. Son projet le plus ambitieux reste un scénario de comédie surréaliste sur le cinéma d’auteur et la publicité, intitulé La confiture de goyave, qui aurait dû être monté avec Albert Dupontel, Antoine de Caunes et Victora Abril. Mais l’agent, les producteurs et les intermédiaires se sont fâchés les uns avec les autres.

En revanche, parmi les courts-métrages qu’il préférerait oublier, figure un mauvais thriller dans lequel il fit jouer Mathieu Ruffini, intitulé Mouvement dernier, et sorti en 2009. On y voit le jeune homme armé courir comme un dératé dans les rues d’une cité. Son père, qui a longtemps caressé le rêve de propulser sa carrière de comédien, avait misé 30 000€ dans cette opération. Il fut furieux du résultat. Au milieu du tournage, il fit une crise parce qu’il s’était rendu compte que son fils frayait avec des Maghrébins –ce qui ne manquait pas de logique pourtant pour un film prenant pour cadre une banlieue en France... Il avait d’autres motifs plus sérieux, puisqu’il faut bien avouer que la mise en scène, confiés à Philippe Monpontet qui avait été le monteur d’Images de femmes, n’était pas brillante. Quant à son synopsis, qu’on en juge : « après une tentative de suicide, un homme dans le coma apprend de la Mort elle-même qu’il a été victime d’un complot visant  gâcher sa vie. Cette machination impliquant tous ses proches, il entreprend de les supprimer un à un. Mais ceux-ci lui annoncent qu’ils ont agi sous l’influence d’une autorité supérieure : l’Autre ». Pas sûr que Lacan, même avec sa forme d’humour, ait prêté la main à ce récit…

 

A l’état-civil, il est né Jean-François, en 1957 à Alger. Mais, depuis sa plus tendre enfance,  tout le monde l’appelle Jules-François. Jules était le prénom de son parrain, un anarchiste qui vivait retiré du monde en Ariège, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Son père s’était engagé comme mécanicien dans l’aviation américaine dans la guerre contre Hitler. Féru d’Histoire, il racontait à son fils les faits d’armes d’un ancêtre, le général Charles François Dumouriez, héros de la légende de Valmy dont la vie fut suffisamment riche en retournements pour emplir de nombreuses soirées. Ce père baroudeur a été lui-même boxeur, a tenu un restaurant, est entré comme steward à Air France à Alger. Sa mère était sage-femme et puéricultrice, tout en rédigeant des articles pour un journal militaire. Après l’indépendance, ils se sont installés à Paris, puis dans le vignoble à Fronsac. Son grand-père paternel était un marchand de tableaux en Tunisie, qui a dilapidé tout son bien au jeu. Peut-être son petit-fils a-t-il hérité de ce gène, car il cultive un côté joueur et aventurier avec un certain toupet. Ses parents étaient des peintres du dimanche. La maison familiale était pleine de tableaux et d’objets. Son père ramenait des trajets sur long courrier des ivoires sculptés, des lithographies japonaises ou des manuscrits persans.

Le jeune homme a gagné la capitale, pour s’inscrire en philosophie à la Sorbonne, récoltant une mention très bien pour un mémoire sur Nietzsche. S’étant orienté vers le sujet passablement aride de l’histoire des religions, il prit la peine d’étudier le sanscrit et l’hébreu. Il a entamé une thèse sur l’anthropologie de l’Inde protohistorique, qui eut droit à une préface d’Alain Daniélou quand elle fut publiée sous le titre L’Inde millénaire face à l’Occident.

Pris par l’atmosphère libertaire des années soixante-dix, il a cependant quitté les bancs de la faculté pour bifurquer vers le théâtre. Il s’est initié à la mise en scène avec Jean-Christian Grinevald, qui dirigeait alors le théâtre Marie Stuart et ouvrit plus tard l’école La Belle de Mai. Il a touché à l’art des marionnettes, peut-être encore un talent qu’il eut le loisir plus tard de mettre à profit dans ses exploits sur le marché de l’art. Il a croisé Antoine Vitez, Roger Planchon, Eloi Recoin, gardant un souvenir prégnant de la rencontre de Guy Debord et Gérard Lebovici rue Saint-Dominique.

En 1981, le jeune homme a largué les amarres, partant au Brésil et aux Philippines, où il a passé du temps avec « les guérisseurs de l’âme ». Il se souvient de Mindanao comme d’un « endroit dangereux », a joué du théâtre en Australie, s’est posé quelque temps en Nouvelle Calédonie, où il a vécu en tribu à Houaïlou. Il s’y est lié avec Jean Guiart, titulaire de la chaire d’ethnologie au Musée de l’Homme, et son fils René, ami des indépendantistes canaques dont certains comme Eloi Machoro ou Jean-Marie Tjibaou allaient perdre la vie dans le conflit qui déchirait alors la grande île. Il y a lancé une des premières radios libres, Radio Rythme Bleu, s’est occupé d’une coopérative agricole avant d’enseigner le français et de se mettre au journalisme, collaborant au magazine du Pacifique-sud Trente Jours. Il a rencontré une belle Suédoise, qu’il allait épouser, qui travaillait pour la télévision australienne, en cette période de ce qui fut pudiquement appelé « les troubles en Nouvelle Calédonie ». Perçus comme des trouble-fêtes fomentant l’agitation des Canaques, voire des espions, les journalistes venus d’Australie ou de Nouvelle Zélande vivaient sous la menace. La tension est devenue de plus en plus vive avec les activistes européens et les militaires. Plus tard, la maison des Guiart a été incendiée au cœur de Nouméa. Les services français ont aussi très mal pris que Jules-François Ferrillon assiste Ellen Frazer, de la chaîne australienne ABC, pour un documentaire. En 1984, il a préféré quitter Nouméa, pour la Nouvelle Zélande, où il a continué à signer des reportages et des articles pour le CNRS sur les gangs armés, la vie des tribus ou les trafics de têtes maories. Los Angeles et Tahiti ont suivi, puis l’Inde et la Réunion. Là, pendant quelques mois, fort d’un certificat délivré par le centre islamique, il s’est fait « marchand de prières de protection musulmanes, en gros ». Se faisant appeler « Saïd Mohamed », en gandoura blanche, il apportait la providence divine sur le petit commerce des Indiens de l’île. Ce petit manège ne pouvait durer, aussi fut-il tenté d’aller voir la révolution naissante à Madagascar. Un peu déçu de voir que, une fois encore, « le grand soir » manquait à l’appel, il a traversé pendant une année un pays dévasté. Il est revenu en Europe, à Amsterdam, où il s’ennuyait ferme, est repassé en France, reparti au Brésil, en Uruguay en Argentine, où il a essayé de lancer une ligne de vêtements «gaucho». S’étant aperçu, raconte-t-il, que la société brésilienne qui devait fabriquer ces vêtements voulait embaucher des enfants dans son usine de couture, il renonça au projet.

Ce bourlingueur invétéré a pu longtemps bénéficier de la gratuité des vols sur Air France grâce à son père, et, quand il en a eu besoin, il s’est fabriqué une carte de pilote… Il s’est retrouvé bien embarrassé quand, lors d’un vol qui affichait complet, pour lequel il avait été embarqué dans le cockpit, le commandant de bord s’est levé pour lui faire plaisir en lui proposant de prendre les manettes.

Au fil de ses errances, Jules-François Ferrillon a ainsi inévitablement frayé dans un monde interlope. Il s’assimilerait bien à Georges Darien, cet insurgé de la littérature qui s’identifiait lui-même au héros de son roman Le Voleur, auteur de cet axiome : « le voleur seul sait vivre; les autres végètent ».

A la fin des années quatre-vingt, Jules-François Ferrillon finit par rentrer en France, où il a un temps enseigné la philosophie à Bergerac et, à Paris, au lycée privé Saint-Michel de Picpus, avant de se consacrer à partir de 1990 au courtage en art.

Car, lors d’une escale à New York, sa vie a basculé dans la rencontre avec une « richissime courtisane », qu’il a appelée « Marlène » dans le roman autobiographique qu’il a publié en 2015. Elle avait perdu sa mère dans les bombardements de Dresde. Son père et son grand-père avaient appartenu au parti nazi. Le premier a fini ses jours dans un camp soviétique, le second s’est enfui pour toujours. La fillette s’est retrouvée ballotée dans l’Allemagne de l’après-guerre, entre orphelinat et famille d’accueil cauchemardesque. Elle épousa un homme d’affaires syrien, proche des Palestiniens, qui connut une mort violente dans les guerres secrètes du Proche Orient, lui laissant la propriété d’un immeuble à Manhattan. Elle s’est par la suite liée à George Terasaki. Cet artiste américain d’origine japonaise avait commencé à acheter des textiles navajos dans les années soixante avant de devenir le meilleur des marchands d’art amérindien de la côte du Pacifique. Il a fourni les plus grands collectionneurs et musées, il connaissait tout le monde, de Randolph Hearst à Andy Warhol. Une partie de son stock fut racheté par Eugene Thaw, enrichissant une collection à laquelle le musée Fenimore dans l’Etat de New York a consacré une nouvelle aile. A sa mort, il a légué une petite fortune à  celle qui était devenue sa grande amie. C’est ainsi que Ferrillon a fait la connaissance de Drouot, en achetant des tableaux pour elle, un Chagall ou un Asger Jorn. Et c’est là qu’il a fait la rencontre de Giuliano Ruffini. Les deux hommes se sont vite liés d’amitiés, partageant leurs souvenirs respectifs de la Nouvelle Calédonie où Ruffini avait aussi vécu quelque temps.

 

Cette rencontre s’est produite à un moment où la réputation de ce dernier devenait sulfureuse à Paris. Il avait eu trop de problèmes avec des  scènes flamandes, qui n’étaient pas tout à fait ce qui était annoncé, ou espéré. Les marchands s’étaient donné le mot pour l’éviter. Il avait besoin d’un intermédiaire fiable à Paris. Enfin, fiable, n’est probablement pas le mot qu’il utiliserait aujourd’hui à propos de son ancien ami, avec lequel il est désormais fâché. Et, du reste, Jules-François Ferrillon ne se cache pas, dans leur petit jeu du chat et de la souris, d’avoir pris l’habitude de l’entourlouper : « à une période, il pouvait me confier un tableau par mois pratiquement ; mais il n’avait jamais idée de la valeur de ce qu’il avait en main –et pour cause, c’est ce que j’ai compris beaucoup plus tard. Alors, s’il me demandait d’en vendre un pour 5 000 et que je trouvais acheteur pour 15 000, je lui disais l’avoir vendu pour 10 000… et tout le monde était content ». Ruffini évidemment, dut finir par le  comprendre, mais cet arrangement continuait sans doute à lui convenir, du moins pour un temps.

 
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